Six ans après 2019, le classement du rebond est toujours dominé par le Covid
Les Deux Alpes ont gagné 85,8 % depuis 2019, Douarnenez 80,9 %. Le mouvement de report vers la montagne et la côte amorcé en 2020 ne s'est pas corrigé : il s'est installé dans les prix.
Six ans après, le classement des plus fortes hausses depuis 2019 n'a pas changé de nature. Les Deux Alpes ont gagné 85,8 %, passant de 3 144 à 5 842 €/m². Douarnenez, port du Finistère, 80,9 %. Saint-Tropez 75,9 %. Le mouvement de 2020 n'a pas été un pic conjoncturel.
Rapporté à la hausse nationale de la période — 14,5 % — le premier de ce classement a progressé près de six fois plus vite. Et l'écart ne s'est pas résorbé pendant la correction de 2023-2024 : ces mêmes communes figurent aussi parmi celles qui ont le mieux résisté depuis 2022.
La Bretagne, gagnante discrète
Deux communes finistériennes figurent dans les dix premières : Douarnenez et Morlaix. Ni l'une ni l'autre n'est une station de luxe. Elles partagent un prix d'entrée très bas en 2019 — 1 267 et 1 011 €/m² — qui a rendu l'arbitrage évident pour des acheteurs devenus mobiles.
Le télétravail n'a pas fait monter les prix partout. Il les a fait monter là où ils étaient bas et où l'on avait envie de vivre.
Morlaix reste, à 1 667 €/m², nettement sous la médiane nationale de 2 564 €/m². Une hausse de 64,9 % sur six ans ne dit rien du niveau absolu — c'est la limite de tout classement d'évolution, et la raison pour laquelle nous publions les deux colonnes.
Tous les prix sont des médianes de prix au m² calculées sur les ventes de logements enregistrées dans DVF (DGFiP). Sont exclus : les biens autres que maisons et appartements, les prix au m² hors de la fourchette 300–60 000 € (erreurs de saisie et lots mal ventilés), les appartements de plus de 300 m² et les maisons de plus de 1 000 m² — ces surfaces signalent presque toujours une vente en bloc enregistrée comme un lot unique. La médiane est préférée à la moyenne : elle ne bouge pas quand une vente exceptionnelle entre dans l'échantillon. La comparaison oppose la médiane 2019 — dernière année pleine avant la pandémie — à la médiane 2025, sur les communes totalisant au moins 150 ventes retenues dans chacune de ces deux années. Aucune correction d'inflation n'est appliquée : les évolutions sont nominales, comme tous les prix publiés dans ce journal.